
jeudi 14 janvier 2010, par
Un petit bijou de la scène humoristique se démarque, Soraya Gari est certainement la relève sur qui il faut river nos yeux. Retrouvez cette interview exclusive Gari de ses débuts à son spectacle, elle dévoila tout ce qu’on doit savoir a son sujet.
Interview réalisée par Assia Ibnoun
AI : Soraya Gari, parlez nous de vos débuts comme humoriste :
SG : Ma première scène était en octobre 2007, je m’en rappelle encore très bien, c’était lors d’une scène ouverte à paris.
Au début j’ai testé mes sketches dans presque toutes les scènes ouvertes parisiennes, puis j’ai joué assez souvent dans une salle que j’affectionne particulièrement « LE MOLOKO » . Dans cette salle j’ai rencontré pleins de gens intéressants et certains humoristes qui, aujourd’hui sont devenus mes amis.
Puis c’est allé assez vite, j’ai été programmée dans un petit café théâtre sur Paris, j’y ai joué tous les mardis, à 19 heures, un créneau assez difficile à remplir. On a eu des jours pleins et d’autres un peu moins mais quoi qu’il arrive j’ai toujours pris beaucoup de plaisir à jouer. De plus ça aide énormément de jouer dans ce genre de situation.
Au mois de mai 2007 j’ai fait un festival au Maroc (auquel je ne ferais pas de pub car il ne le mérite même pas) j’avais très peur car c’était la première fois que je jouais dans mon pays d’origine mais au contraire j’ai eu un énorme retour de mon public que je remercie.
Puis les dates se sont enchaînées en Belgique, Suisse, France, Maroc.
AI : Après un début assez riche sur la sphère du web que tirez vous de cette expérience ?
SG : Ahhhahahaha !! Ces vidéos font partie d’un délire, je ne m’attendais pas à un si gros buzz. J’en tire que les gens qui me voient doivent penser que je suis une taré devant ma cam (rires).
Plus sérieusement, le fait d’avoir mis ces vidéos en ligne m’a permis de me faire connaître et de ce fait aujourd’hui reconnaître. Lorsque j’apparais en Tata Khadija, bien souvent on me dit m’avoir vu sur le net, donc que du positif.
Il y a énormément de plagia de personnes qui veulent créer le buzz avec le même personnage et je trouve ça très marrant car je vois que je fais des émules. Je conseille à ces personnages vu leurs talents créatifs de se trouver un autre personnage propre a eux. C’est comme cela qu’on peut créer un buzz et non en copiant ce qui est très courant dans ce milieu.
AI : A votre avis croyez vous que le public français saura apprécier toutes les facettes de votre humour ?
SG : Non, évidement, tout le monde ne peut pas apprécier mon humour. L’origine n’a rien à voir il s’agit simplement d’un style d’humour.
AI : Qu’est ce qui vous inspire le plus dans votre travail ?
SG : Ce qui m’inspire le plus dans mon travail c’est la vie quotidienne. J’observe énormément.
AI : Une femme humoriste doit elle travailler plus pour être reconnue ?
SG : Il est vrai qu’il y a moins d’humoristes femmes qu’hommes, mais je n’ai pas le sentiment de devoir en faire plus pour me démarquer.
AI : L’humoriste homme est il plus drôle que l’humoriste femme ?
SG : Non il faut savoir se différencier.
AI : Croyez vous que l’on doit se fixer des limites en humour ?
SG : Comme je le disais précédemment, je ne pense pas que les hommes fassent plus rire que les femmes, tout n’est qu’une question de sujet. Pour ma part j’ai des limites concernant toutes sortes de religion, et très peu de sexualité, car pour moi les humoristes qui parlent trop de sexe font de l’humour facile.
AI : Dans la société française , mettre en avant mettre en avant une origine ethnique au profit d’une autre serait considéré comme du communautarisme L’humour semble exclure ce raisonnement car considéré comme un acte rassembleur. Comment expliquez vous cette exception ?
SG : En effet, il y a des gens qui le pensent, pas moi ! Je mets en avant mes origines car je parle de vécu, de quelque chose que j’ai vu, de ma culture. Je ne peux pas me mettre dans la peau d’une personne que je ne suis pas.
Mon ami Naybeel organise des scènes qui s’appellent « L’ARABICA SHOW » un plateau d’artistes, sans vulgarité d’ailleurs. C’est lui qui a inventé le concept, aujourd’hui malheureusement, copié par des amateurs, tout cela pour dire que le public est très mitigé. Il y a des musulmans, des chrétiens… et c’est pas du tout du communautarisme.
AI : Dans un futur proche, si vous avez l’occasion de partager une scène avec un humoriste qui choisiriez vous et pourquoi ?
SG : Je laisse le futur me le proposer (rires).
AI : Comment est ce que vous gérez votre trac avant d’entrer sur scène ?
SG : J’ai mes petites choses à moi.
AI : Reste t’il présent une fois le show entamé ?
SG : Dès que je suis sur scène… blofffffff il disparaît comme par magie.
AI : Votre chaleureux et très expressif personnage Tata Khadija est il le point de départ qui vous a permis de vous démarquer ?
SG : Bien sur ! C’est grâce a ce personnage que mon public me soutient viens me voir. D’ailleurs, le 22 novembre 2006, le 6 décembre et d’autres dates j’ai un spectacle CERTIFIE % TATA KHADIJA pour ses fans.
AI : Parlez nous un peu de votre spectacle, combien de personnages y sont joués ?
SG : Mon spectacle « LE SORAYA EN SCENE » parle de chômage, de racisme, de politique, d’intérêts financiers. Les personnages dans ce spectacle sont Kader un jeune de banlieue perdu, Micheline une demi raciste (elle est plutôt ignorante) et Tata Khadija… cette fameuse Tata Khadija qui a le rôle de mère, qui nous parle de sa fille, de mariage. Elle est un peu dure, à caractère fort, mais c’est juste pour cacher une certaine inquiétude vis-à-vis de ses enfants.
AI : Une tournée pour bientôt ?
SG : Il y a pleins de dates exceptionnelles prévues sur Paris et je suis sur un projet assez interessant et des dates a étudier.
Je ne suis pas le genre d’humoriste a sauter sur les festivals pour pouvoir faire pleins de dates a mettre en ligne, je selectionne ce qu’on me propose.
AI : Pour terminer, soraya, comment rester in touch avec votre actualité ?
SG : Mon actualité sur le site www.sorayagari.fr ou sur facebook SORAYA GARI.
